Alors que je venais de déposer un exemplaire du Montréal-Matin dans la boîte aux lettres d’un de mes clients, je me suis réfugié dans l’escalier intérieur d’un petit immeuble à appartements pour prendre le temps de lire le journal que je distribuais.

Quelques semaines plus tôt, un attaché commercial de la Grande-Bretagne et un ministre du gouvernement du Québec avaient été enlevés par le Front de libération du Québec (FLQ).

Ce matin-là, alors que le soleil venait à peine de se lever à travers les feuilles rougissantes de l’automne, j’ai lu que le gouvernement fédéral venait de promulguer la loi des mesures de guerre. En entendant un grondement sourd, je me suis précipité à l’extérieur et j’ai vu passer un camion de l’armée transportant une dizaine de soldats. Comme si je venais de trouver de nouveaux amis pour jouer à la guerre, je les ai salués en leur montrant le journal qui venait tout juste d’annoncer leur arrivée.